"À peine sorti de l’École nationale des arts décoratifs, Mohamed Bourouissa, vingt-huit ans, du Géricault, du Stephen Shore, du Diane Arbus dans l’oeil, expose pour la première fois, avec les meilleurs de sa promotion. Sa série « Périphérique » est passionnante, par les questions qu’elle pose. Très bien réalisée, elle met en scène la banlieue en tant qu’objet conceptuel, artistique dans des situations qui d’ordinaire seraient du ressort du photojournalisme. Ce faisant, elle démonte les clichés et les trivialités sensationnelles trop souvent attachés au traitement de ce sujet et traite de la problématique du rapport de force, de la mécanique du pouvoir.
Au terme de longs repérages, de castings avec des copains, Mohamed Bourouissa met en scène en extérieur des situations souvent nocturnes qui n’ont rien d’angéliques. Disons qu’il installe une certaine tension, voire une violence latente dans ce qui fait penser à une scène de ménage chez un jeune couple, à une explication entre deux boxeurs, à un face-à-face entre deux bandes rivales, lors de l’apparition du drapeau bleu-blanc-rouge dans une scène qui met aux prises les jeunes avec la police."
L'Humanité